Saint-Louis s'en sort bien (encore)

Le FC Saint-Louis Neuweg est parvenu à préserver son invincibilité en National 2 en revenant au score au bout des arrêts de jeu sur un coup franc de Sofiane Jennane (2-2). Pourtant, le SC Schiltigheim avait eu les cartes en main pour assurer les trois points.

« On joue comme des enfants. On donne le match alors qu’on n’est même pas mis en danger. On doit l’avoir plié en première mi-temps, au plus tard à la 50e. C’est une catastrophe. On n’est pas mature. Mais je n’ai jamais vu un joueur mettre les mains de cette façon. » Stéphane Crucet, l’entraîneur Schilikois, était remonté comme une pendule dans les vestiaires du stade de la Frontière après avoir vu son équipe se faire rejoindre au score dans les derniers instants des arrêts de jeu.

À ce moment-là, les trois points semblent assurés aux Bas-Rhinois, qui ont eu le bonheur de marquer à la 88e par Ali Mathlouthi. Les Ludoviciens se ruent alors vers l’avant et Abdoulaye Cisse, inexplicablement, repousse le ballon des mains à une vingtaine de mètres dans l’axe. « Il a mis les deux mains, comme s’il jouait au basket , fulmine son entraîneur. Je n’ai jamais vu ça, jamais ». Sofiane Jennane ne se fait pas prier et égalise d’une belle frappe qui contourne le mur (90e +3).

Les Ludoviciens reviennent alors de très loin. Car ils se sont mis en difficulté d’entrée, en accumulant trois erreurs sur la même action, permettant à Krasso de reprendre un ballon repoussé par Idir suite à un centre de Nellec (5e ). Dès lors, les Schilikois, très agressifs avec un pressing éreintant, ont largement dominé la période, sans parvenir à faire le break face à la meilleure défense du championnat. « Nous avons évolué avec le frein à main durant le premier acte , constate Vincent Rychen, le technicien frontalier. Il y avait beaucoup de déchet technique. J’ai demandé à la pause aux joueurs de se lâcher, ils n’avaient rien à perdre ».

Au retour des vestiaires, ce sont pourtant les Schilikois qui auraient pu (dû ?) porter l’estocade, mais Bekoe, lancé dans les six mètres par Krasso, trouvait le moyen de catapulter le ballon sur la transversale (51e ). Mais petit à petit, les Bas-Rhinois reculaient, à la recherche d’un second souffle. Cette fois, les locaux mettaient à leur tour le pied sur le ballon et Schneider réussissait un arrêt prodigieux sur une reprise acrobatique de Célestine (67e ). Mais le combat avait changé d’âme. Dans la foulée, le même Célestine obtenait l’égalisation en reprenant de la poitrine un centre au cordeau de Bidouzo (67e ).

Les occasions restaient rares et on s’acheminait vers ce match nul lorsque les Schilikois reprenaient l’avantage par Mathlouthi, sur une action litigieuse. Diampo Sengele tergiversait devant ses 16m avant d’être pris en défaut. « En fait, Bekoe, qui me pressait, m’a poussé et pris la cheville, explique le défenseur. Pour moi, la faute est incontestable. Et Mathlouthi est hors-jeu puisque c’est Bekoe qui lui glisse le ballon. Ce n’est pas moi qui met le ballon en retrait ». Toujours est-il que ce but a été validé, mais les Ludoviciens ont trouvé les ressources morales pour revenir au score. « Je suis content, parce qu’on est revenu deux fois au score , se satisfait Vincent Rychen. C’est la preuve du bel état d’esprit qui règne dans le groupe. Personne n’en a voulu au fautif sur le second but adverse et la solidarité s’est exprimée sur cette deuxième égalisation ». Au vu de ce derby haletant sur la fin, les deux équipes peuvent être sereines pour la suite de la saison.

 

Source : L'Alsace.

Les photos de la rencontre