Des lendemains qui déchantent

Jamais vraiment dans le coup samedi soir, le FC Saint-Louis Neuweg a été logiquement battu par Annecy (3-1). Ce quatrième match consécutif sans victoire rappelle le statut fragile des Ludoviciens, désormais obligés de regarder vers le bas de classement.

Le bel été frontalier semble appartenir définitivement au passé. Face à Schiltigheim déjà (2-2), l’édifice Ludovicien avait montré des failles inquiétantes. Cela s’est confirmé à Lyon, où Saint-Louis a explosé en vol (5-0), et donc il y a deux jours, contre des Haut-Savoyards qui ont su exploiter à merveille les lacunes de l’escadron local. Pour l’entraîneur Vincent Rychen, son équipe n’avait tout simplement pas les moyens de rivaliser avec Annecy : « Ce soir (samedi), on a affronté une équipe qui était objectivement supérieure à la nôtre, le résultat l’approuve. Il faut être lucide, nous ne nous battons pas avec les mêmes armes. Annecy est plus expérimenté, ses joueurs clés, à l’image de Barbosa, Akrour et Jacob ont réussi à faire la différence. » Saint-Louis a eu beau y mettre de l’envie, le désert offensif dans les trente derniers mètres et les trop nombreuses approximations défensives, mises encore davantage en lumière après l’expulsion de Kalenga en début de seconde période, étaient trop handicapants pour espérer une issue positive.

Un brin fataliste, Vincent Rychen ne pouvait que regretter les carences de son équipe dès lors que certains joueurs sont absents. Les statistiques défensives parlent d’elles-mêmes : avec un seul but encaissé après trois journées, Saint-Louis trônait en tête des meilleures défenses du groupe. Depuis les blessures de Saidou (genou) et Niang (dos), la spirale s’est nettement inversée, puisque Saint-Louis a craqué à dix reprises lors des trois derniers matches. « Les mecs qui étaient sur le banc de touche d’Annecy seraient titulaires chez nous » , reconnaissait le technicien frontalier, obligé de composer avec un effectif amoindri et de lancer dans le grand bain des joueurs qui évoluaient la saison dernière en DH (Sartori) ou en Excellence (Yebra, Camara, Elia).

Pour le capitaine Manfred Ekwe Ebele, de retour à son poste après un mois d’absence, les maux Ludoviciens sont ailleurs. Sorti en dernier du vestiaire, l’ex-Colmarien se voulait agacé et réfutait la thèse selon laquelle la meilleure équipe avait gagné. « On n’a pas été surclassé, personnellement il y a d’autres matches où j’ai beaucoup plus souffert au milieu de terrain. Le problème, c’est qu’on est trop faible individuellement. Il faut pouvoir prendre nos responsabilités. Face à une équipe qui a plus de talent, c’est bien d’avoir de l’envie, mais l’envie à elle seule ne suffit pas. Si quand il faut se présenter pour avoir le ballon, tu te caches, cela ne va pas. »

Un discours lourd de sens qui devrait résonner dans les oreilles de certains de ses coéquipiers, notamment au niveau d’une ligne d’attaque qui a eu bien du mal à exister samedi soir. En attendant de retrouver certains cadres (Asad, Niang, Holtz), annoncés de retour pour le prochain déplacement à Saint-Priest dans deux semaines, Saint-Louis va devoir réapprendre à regarder vers le bas de tableau, le premier relégable (Yzeure) ne pointant qu’à cinq longueurs. « On gagne ensemble, on perd ensemble, c’est la loi du sport. On a cette volonté d’être agressif et de poser des problèmes à l’adversaire, il va falloir le refaire régulièrement afin de repartir sur une nouvelle dynamique » , concluait Vincent Rychen, conscient que le chantier demeure colossal.

 

Source : L'Alsace.