Une impuissance offensive

La nouvelle défaillance offensive collective connue samedi soir face à Villefranche (0-1) persuade les Ludoviciens qu’ils vivront une saison difficile. Mais leur capital de 14 points leur permet de pouvoir travailler dans la sérénité. Au moins pour un temps.

« Nous aurions déjà été contents de pouvoir prendre un point ». Après être resté longtemps dans le vestiaire pour refaire le film du match, Vincent Rychen était obligé de reconnaître que son équipe avait passé une soirée délicate samedi face à Villefranche. Sans être impressionnants, les Caladois avaient su hausser le rythme après la pause, remporter leurs duels, peser sur la défense Haut-Rhinoise, avant de trouver l’ouverture.

À moins d’un quart d’heure de la fin, alors que tout le monde avait compris que ces Ludoviciens étaient dans un mauvais soir et qu’ils n’allaient pas réussir à se procurer de réelles occasions, Marc Kalenga adressait une passe en retrait mal ajustée vers Alexandre Gisselbrecht. Pris à contre-pied, le latéral ne pouvait empêcher Quarshie de s’emparer du ballon pour le glisser au ras du montant d’Idir, pourtant irréprochable sur sa ligne. « C’était difficile de garder le ballon , soulignait Alexandre Gissebrecht. Du coup, nous avons subi et encore subi. Et quand tu prends trop de vagues, tu t’exposes et la punition arrive à un moment donné ». « Mais c’est quand même très frustrant d’être puni sur une de nos erreurs , enchaînait Marwane Asad. Cela nous arrive un peu trop souvent. Il faut arriver à corriger cela à l’entraînement, par du travail et de la communication ». Le travail, c’est bien la vertu derrière laquelle se réfugie Vincent Rychen. Sans être inquiet, le technicien Ludovicien est parfaitement conscient des manques de son équipe, surtout lorsqu’elle apparaît affaiblie comme samedi soir. Aujourd’hui, elle ne réussit pas à être aussi performante qu’elle le souhaiterait sans Sofiane Jennane, victime d’une micro-déchirure aux ischio-jambiers, sans Mathieu Saidou, qui soigne son genou, ou sans Steve Brom et Nigel Solvet, en phase de reprise. Et Geoffrey Holtz, pour son retour en équipe première, a montré qu’il n’avait pas encore retrouvé son meilleur niveau physique. En raison de la baisse de son budget cette saison, le FC Saint-Louis Neuweg a dû se résoudre à recruter l’été dernier surtout des jeunes joueurs, qui ne sont simplement pas encore au niveau requis pour le National 2.

« Nous savons que nous aurons des moments délicats comme samedi soir et que ce sera un championnat compliqué , reconnaît l’entraîneur Ludovicien. En National 2, nous tombons le plus souvent sur des joueurs aguerris. Regardez cette équipe de Villefranche. Maxime Jasse a joué au plus haut niveau, Yann Benedick, formé au Racing, a ensuite joué à Reims. J’aimerais bien avoir des joueurs de ce calibre. Il n’y a pas de secret dans le football. Il faut travailler, y aller étape après étape. À nous de progresser individuellement et collectivement ». Si la défense n’est pas vraiment un chantier pour les Ludoviciens, l’animation offensive reste largement à parfaire. « Pourtant, nous travaillons énormément cet aspect à l’entraînement , témoigne Vincent Rychen. Nous n’avons sans doute jamais autant bossé sur ce point ces dernières années. On veut faire certaines choses, encore faut-il en être capables … C’est difficile quand on n’arrive pas à garder le ballon, quand on n’arrive pas à trouver de relais ou de point d’appui. Pour arriver à nous en sortir, il faut être plus dangereux dans la surface adverse. C’est une évidence ». Avant-hier, le gardien Caladois n’a pas eu un seul arrêt à effectuer, les deux frappes les plus pertinentes de Bidouzo et Celestine n’ayant pas trouvé le cadre. Comme un symbole de l’impuissance offensive manifestée par les frontaliers.

Avec 14 points au compteur, grâce à leur entame idéale cet été, les Ludoviciens peuvent cependant travailler avec sérénité, même s’ils ne comptent que cinq points de marge sur la zone rouge. Les prochaines échéances s’annoncent toutefois ardues, puisqu’ils recevront dès samedi Épinal, relégué de National, avant de se rendre dans trois semaines à Andrézieux, l’impressionnant leader. Pour éviter que la pression ne monte d’un cran du côté de la frontière, il serait judicieux de trouver quelques solutions offensives, tout en étant épargné par les absences.

 

Source : L'Alsace.