Méconnaissables !

Rapidement mené au score par une solide équipe de Chasselay, le FC Saint-Louis Neuweg n’est jamais parvenu à renverser la vapeur, hier soir au Stade de la Frontière (0-1). Au-delà du résultat, c’est la prestation indigeste des Ludoviciens qui suscite maintes interrogations.

Il y a un mois, la défaite concédée face à Villefranche avait mis en lumière les carences d’une équipe vite dépassée par les événements et en panne d’imagination. En termes de jeu, d’envie, d’engagement, les Ludoviciens avaient sombré ce soir-là. Face à Chasselay, hier, les hommes de Vincent Rychen ont franchi un nouveau pallier sur la route du néant.

Incapables de réagir à l’ouverture du score précoce des Chasselois, les Ludoviciens ont sûrement livré leur pire partition depuis leur accession en National 2 il y a deux ans et demi. « On a été complètement inoffensifs, on aurait dû faire plus » , analysait froidement l’entraîneur Vincent Rychen.

L’entame de la rencontre était pourtant à mettre au crédit des frontaliers. Par deux fois, Holtz tentait de percer la muraille rhodanienne, mais manquait le cadre (2e ) avant de voir sa tentative écrasée finir dans les bras de Jaccard (8e ). Dix minutes prometteuses en guise d’illusion. Car sur leur première sortie de balle, les Rhodaniens trouvaient la faille, à la suite d’une obstruction de Diampo Sengele sur Toko-Edimo. À 20 mètres du but, plein axe, Farras glaçait l’ambiance d’un maître coup franc qui terminait sa course dans le petit filet d’Idir (10e ). « À chaque fois qu’on prend le premier but, derrière on se casse les dents sur l’équipe adverse. Ce but nous a fait mal, on était amorphe pendant tout le match » , regrettait Vincent Rychen. Sonnés, les Ludoviciens passaient même tout près de la correctionnelle 60 secondes plus tard lorsque Toko-Edimo filait au but avant d’être repris in extremis par Niang (11e ).

De réaction Alsacienne, il n’y en eut guère. Seul Bidouzo, sur une succession de corners, tentait de porter le danger dans la surface chasseloise, mais aucun Ludovicien ne se montrait assez prompt pour inquiéter la défense visiteuse. Au contraire, l’addition aurait pu se corser avant la mi-temps si Idir n’avait pas sorti le grand jeu pour mettre Camara en échec (36e ). Et que dire de ce péché d’orgueil de Toko-Edimo, qui oubliait Paratte, pourtant seul au second poteau, pour finalement manquer la balle de break (44e ) ? « Le score de 0-1 était flatteur à la mi-temps » , reconnaissait Vincent Rychen, lui aussi en panne de solution. « À la pause, on a essayé de remonter le moral des troupes, mais ce but a fait trop mal mentalement. On a voulu sonner la révolte, mais celle-ci n’est jamais venue. »

C’est un euphémisme. Car la seconde période allait confirmer l’énorme sentiment de mal-être éprouvé durant le premier acte. Seul un coup franc lointain de Gisselbrecht, sur lequel Jaccard se couchait parfaitement (51e ), laissait croire qu’un sursaut était en marche. Dans le camp adverse, Chasselay multipliait les contres, mais manquait cruellement d’adresse dans le dernier geste, le signe évident d’une équipe relégable pour qui la confiance demeure bancale. Pour Saint-Louis, cette cinquième défaite de la saison risque de laisser des traces. « Ce soir (hier soir) , on mesure l’ampleur du premier but marqué en N2. On n’a jamais trouvé la clé. Au-delà de l’envie, on sait qu’on doit être à 150 % si on veut ramener des points. Ce n’était pas une bonne production, on en est conscient. Maintenant, il faut se réfugier dans le travail et remettre les têtes à l’endroit. »

 

Source : L'Alsace.