Accueillir Sochaux, c'est du boulot !

Le FC Saint-Louis Neuweg s’apprête à recevoir le FC Sochaux-Montbéliard, club professionnel évoluant en Ligue 2, ce samedi (16 h), au stade de la Frontière, lors du 8e tour de la Coupe de France. Si le grand public ne voit que la belle affiche sportive à venir, le travail d’organisation est colossal et parfois très contraignant pour le club Ludovicien.

Habitué des belles épopées en Coupe de France ces dernières années, le FC Saint-Louis Neuweg a encore droit à un match de gala cette saison, à savoir la réception du club professionnel du FC Sochaux-Montbéliard, ce samedi après-midi, lors du 8e tour.

Mais derrière ce match prestigieux, se cache un boulot énorme en coulisses pour le club Ludovicien. Ce travail de l’ombre a débuté il y a une bonne semaine déjà, après une réunion avec des représentants de la municipalité, de la préfecture, de la Fédération française de football (FFF), ainsi que les forces de police. L’occasion de définir les obligations liées à l’accueil d’une équipe de ce calibre et surtout de ses supporters … « On attend 300 à 400 supporters de Sochaux » , confirme Philippe Steiner, président délégué.

Le club est donc contraint d’aménager un emplacement spécifique pour les accueillir, sachant que le stade de la Frontière ne dispose que d’une tribune principale, qui accueillera une partie des supporters Ludoviciens, la capacité étant de 400 places, les autres devant prendre place tout autour du terrain. « On va placer les Sochaliens en face de la tribune, au bord de la pelouse » , explique Roby Schneberger, le vice-président. Sauf que, là-bas, c’est morne plaine. Et qu’on ne peut décemment pas laisser presque un demi-millier de spectateurs adverses le long de la main courante … « On a l’obligation d’installer des grilles de 2,50 m de haut mais aussi un éclairage provisoire, une buvette et des toilettes » , indique le vice-président. Ce sera chose faite dès samedi matin. Les supporters Sochaliens devront également rejoindre leur tribune en empruntant un chemin spécifique, qui contourne le stade, afin qu’ils ne se mêlent pas aux fans locaux, pour éviter tout débordement.

Ajoutez à tous ces aménagements la présence d’une dizaine de policiers de la section d’intervention du commissariat de Mulhouse, deux maîtres-chiens, une cinquantaine de stadiers et huit agents de sécurité chargés d’effectuer les contrôles et les fouilles à l’entrée du stade, et vous obtenez un cocktail à quelques milliers d’euros, dont le club se serait bien passé. « L’organisation d’un tel match est très contraignante, on nous impose beaucoup de choses » , confirme Philippe Steiner.

Si le montant total du dispositif n’est pas encore connu, il faudra d’ores et déjà compter plus de 2000 € rien que pour les agents de sécurité à l’entrée du stade. « Pour un petit club, ça commence à être coûteux de jouer face à une grosse équipe » , remarque le président délégué du FCSLN. Ce dernier prend l’exemple récent du club amateur Lorrain de Forbach, qui avait accueilli l’équipe professionnelle de Nancy (Ligue 2) et avait dû débourser 10 000 € rien que pour l’aspect sécuritaire. Le calcul est simple : pour rentrer dans ses frais, le club de football Ludovicien devra attirer au minimum 1200 à 1500 spectateurs ce samedi, sachant que la capacité maximale autorisée par la FFF est de 2900 places. « On espère bien franchir la barre des 2000, mais cela dépendra de beaucoup de choses et principalement de la météo » , estime Philippe Steiner. Le FC Saint-Louis Neuweg devrait aussi perdre quelques spectateurs à cause du match Strasbourg - Paris SG, qui a lieu à 17 h et qui sera, en plus, télévisé.

En attendant, les préparatifs vont bon train, même si les choses ne vont s’accélérer réellement qu’à la veille du match, ainsi que le samedi matin. Les bénévoles seront à pied d’œuvre pour préparer plus de 600 sandwiches, sachant que des kilos de merguez et de viennoises ont également été commandés et que, pour l’occasion, quatre buvettes seront ouvertes au lieu d’une ! Un espace boutique sera également ouvert pour se procurer écharpes, plaids, maillots et autres produits dérivés du club. En somme, la parfaite panoplie du supporter afin, peut-être, de pousser les Ludoviciens vers un exploit.

Gérard Halter et Nadine Muller, deux personnes au centre de l'organisation

Au FC Saint-Louis Neuweg, Gérard Halter, c’est un peu Monsieur sécurité. Ce retraité de la police, âgé de 66 ans, a rejoint le club lors de la saison 2003-2004, par le biais d’un ami qui l’a embarqué dans l’aventure. Passionné depuis toujours par le ballon rond, Gérard suivait il y a plusieurs années déjà les exploits du FC Metz, où il résidait, avant de rejoindre la Police aux frontières à Saint-Louis dans les années 80. Membre du comité directeur depuis sept ans, il est devenu à cette époque responsable de la sécurité mais aussi des déplacements du club. « Je me charge de toute l’organisation pour le transport, la restauration, l’hébergement lors de chaque déplacement. J’accompagne l’équipe, ça prend beaucoup de temps, mais j’ai la chance d’avoir une épouse très conciliante » , explique-t-il.

Ce samedi, Gérard Halter sera sur tous les fronts, puisqu’il coordonnera le déploiement de la cinquantaine de stadiers, postés à l’entrée du stade, en tribune ou encore sur les parkings. « Je serai un peu un électron libre, je ferai des allées et venues pour surveiller que tout se passe bien et je serai joignable par talkie-walkie pour intervenir en cas d’urgence. » Une grosse partie du travail a déjà été effectuée en amont. Il s’agissait de trouver le nombre de bénévoles suffisant pour assurer les différentes tâches, à des postes parfois ingrats : « Quelqu’un qui va être sur le parking ou de l’autre côté du stade ne va pas voir le match. Mais on a aussi besoin de monde à ces endroits-là. »

Le dispositif de sécurité engagé étant considérable, Gérard se veut optimiste : « On devra faire attention aux fumigènes et aux éventuels débordements. On fera tout ce qu’on peut pour assurer la sécurité des joueurs et des supporters » , avance-t-il. Et sur le plan sportif, l’optimisme est-il aussi de rigueur ? « On y croit, les gars vont se donner à 150 %, c’est le match de l’année. Je vois bien une victoire 1-0 ou 2-1. »

Enfin, arrivée au FC Saint-Louis Neuweg il y a cinq ans, lorsque son fils a rejoint l’équipe U9, Nadine Muller est aujourd’hui responsable de la caisse. La jeune femme a remplacé la caissière habituelle il y a deux ans, puis elle a continué d’occuper ce poste dans la foulée. Toujours avec le sourire et dans la bonne humeur … « Je vends les billets, je donne les invitations, vérifie les abonnements, les cartes VIP et les licences , explique-t-elle. C’est un rôle que j’aime bien : il y a un échange avec les gens et, au fil du temps, on se lie d’amitié avec des spectateurs. Le seul point négatif, c’est que je ne vois jamais les premières mi-temps des matches. J’entends parfois siffler, crier, mais je ne sais pas ce qui se passe. »

Samedi, la tâche de Nadine sera plus ardue, plusieurs centaines de spectateurs étant attendus. « Déjà, cette saison, contre le Paris SG (2) en championnat, il y avait énormément de monde. Mais, là, ça va être monstrueux, ça va être un challenge. » Nadine sera présente au stade de la Frontière dès le matin, pour donner un coup de main à la préparation des sandwiches notamment. Elle espère que la rencontre sera avant tout une belle fête et, si elle se termine par une victoire pour le FCSLN, ce sera la cerise sur le gâteau.

 

Source : L'Alsace.