Rugir ou mourir

Romaric Degretre (en blanc) et les Ludoviciens devront sortir les crocs pour se défaire d’Épinal ce soir et s’offrir le droit d’affronter, et pourquoi pas croquer, le grand Lyon. Photo Vincent Voegtlin

Le 8 e tour de Coupe de France entre Saint-Louis et Épinal aura bien lieu aujourd’hui (17 h) au Stade de la Frontière. La seule différence, et elle est de taille, est que l’adversaire du 32 e de finale est désormais connu : Lyon. Et la perspective de jouer la meilleure équipe française des dix dernières années a aiguisé l’appétit des deux camps.

Ce genre d’occasion ne se présente que trop peu souvent, peut-être même qu’une seule fois dans la vie d’un footballeur amateur. Au bout du 8 e tour de Coupe de France, c’est le grand Lyon qui attend le vainqueur de ce Saint-Louis - Épinal, ce soir à 17 h.

Depuis lundi dernier (date du tirage des 32 es de finale), cette rencontre a pris une nouvelle dimension. Affronter le leader actuel de la Ligue 1, qui a archi-dominé le football français de 2002 à 2008 (sept titres consécutifs), est évidemment une perspective que personne ne peut occulter. Sauf l’entraîneur du FC Saint-Louis/Neuweg, Vincent Rychen : « Bien sûr que les 32 es de finale sont notre objectif et qu’y retrouver Lyon est un supplément de motivation formidable. Mais depuis le début de la semaine, j’ai bien fait comprendre à mes joueurs qu’il ne fallait pas se tromper de match et qu’on devait se concentrer sur Épinal. » Et uniquement sur Épinal.

La neige, qui avait envahi la pelouse ludovicienne il y a tout juste une semaine, fait aujourd’hui partie du passé. Le relatif redoux des derniers jours a balayé l’épais manteau blanc qui recouvrait le Stade de la Frontière pour laisser le vert reprendre sa place. « C’est bon, ça dégèle, souligne avec une pointe de soulagement le technicien haut-rhinois. Ça va jouer, il n’y aura pas d’obstacle au bon déroulement de la rencontre. En revanche, la pelouse sera très grasse. » Mais mieux vaut ça que repousser une seconde fois le match au risque de devoir le disputer sur la pelouse d’un adversaire qui sera déjà assez difficile à manœuvrer à Saint-Louis.

Le coup d’éclat du tour précédent, avec cette victoire 2-0 face au pensionnaire de Ligue 2, le GFC Ajaccio, ferait presque oublier qu’Épinal a tout du favori désigné, lui qui traîne sa bosse en National depuis deux ans maintenant. Et qui a surtout profité de cette semaine de « trêve forcée » pour récupérer quatre joueurs : Crillon, Lebbihi, Doukouré et Zakpa, annoncés absents la semaine dernière, font partie du groupe élargi à 20 joueurs par l’entraîneur vosgien Fabien Tissot. « Quelle que soit l’équipe face à nous, on sera motivé par l’idée de franchir ce 8 e tour, poursuit Rychen. On sait à quoi s’attendre. »

Sportivement comme financièrement, ce match revêt une importance capitale pour l’actuel 17 e du National. Pas au mieux en championnat, les Vosgiens verraient d’un bon œil une qualification en 32 e. Tout comme Saint-Louis qui sait que l’OL a pour habitude de laisser la recette de la rencontre au Petit Poucet à ce stade de la compétition.

Alors, Vincent Rychen a tout fait pour que ses joueurs soient prêts à signer un nouvel exploit : « Mais je dois avouer que ça n’a pas été facile. Si la semaine a été studieuse, le froid et la neige ont rendu les conditions d’entraînement compliquées. » C’est sur le synthétique du Pfaffenholz que les Ludoviciens ont peaufiné les derniers réglages : « On n’a pas mis les pieds au Stade de la Frontière, car on aurait labouré le terrain. »

Les conditions de jeu seront donc les meilleures possibles ce soir. Et Vincent Rychen espère bien que ce 8 e tour marquera un nouveau tournant dans la saison de Saint-Louis : « Quoi qu’il arrive, ce sera un grand match de foot, avec peut-être une belle récompense au bout. » Et d’en appeler à la mobilisation générale : « Plus il y aura de monde au stade et plus on sera poussé vers l’exploit. Hormis Strasbourg, qui joue à 20 h et dont le match sera télévisé, il n’y a rien aux alentours. On appelle tous les supporters à venir nous encourager et à faire de ce jour un moment de fête encore plus beau que face à Ajaccio. » Et qui offrirait à ses joueurs une affiche comme ils n’en vivront pas souvent dans leur carrière.

 

Source : L'Alsace